Jeudi 23 février 2012 4 23 /02 /Fév /2012 23:27

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Elle répond plus fréquemment au prénom de Saro, et est en première, option arts appliqués.

Née en Guadeloupe, son visage reflète beaucoup de migrations et de métissages.

 

Une grand-mère polonosaise, vivant à Berck avec un mari chti. Je ne sais pas encore ce qui a poussé cette dame dans les bras d'un gars du nord.

Une maman française donc, qui fit des enfants avec un Guadeloupéen d'origine mélangée : une maman guadeloupéenne de souche, enfin disons descendante de la traite africaine. Et un papa indien, mais qui n'est pas venu comme les autres indiens de la vague d'immigration post-esclavage (entre 1854 et 1906), mais simplement parce que cet homme-là aimait voyager. Et c'est pour ça qu'ils'est séparé de sa femme, qui elle était casanière.

 

Notre petite Saro donc est tiraillée entre toutes ces cultures. Plus tard, elle veut être tandenceuse (à vos dictionnaires ou autres wikipédias). 

Par Claudie - Publié dans : Rien que pour vos yeux
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Mercredi 15 février 2012 3 15 /02 /Fév /2012 00:23

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Contexte : après-midi partagée avec Swan, pour l'aider à préparer sa valise. Il part tout seul ce soir à Chamonix. Malgré ma légendaire décontraction naturelle (relativement surfaite), je suis légèrement nouée à l'idée des correspondances.

 

Je l'ai aussi aidé (coups de pied au derrière) à faire son devoir de français, dont la consigne était la suivante : décrivez en 15 lignes comment vous créeriez le monde.

 

Voici le résultat, écrit à 4 mains.

 

La recette de la création du monde.

 

Temps de préparation : 1 million d'années environ.

Niveau de difficulté : énorme.

Ingrédients pour 7 milliards de personnes :

- Des tonnes d'éléments minéraux.

- Des milliards de litres d'eau.

- Enormément de mètres cubes d'azote, d'oxygène, d'hydrogène (de bonne qualité).

- Une grosse étoile nommé Soleil.

- Un petit satellite nommé Lune.

Préparation :

- Mélangez tous les ingrédientsdans n'importe quel ordre, mais avec beaucoup d'énergie.

- Mettez au four, que vous avez préchauffé à 25 milliards de dégrés.

- Laissez cuire 750 000 ans.

- Sortez la préparation du four et laissez reposer 100 000 ans.

- Puis, éternuez violemment sur la mixture pour lui insuffler la vie.

- 150 000 ans plus tard, c'est prêt !

 

Le monde est à votre portée.

 

Par Claudie - Publié dans : Un peu de philo
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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 02:21

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D'une façon générale, et contre l'avis de la faculté qui dit que ce n'est pas bon de s'énerver, ma première réaction face à un évènement intempestif est de crier très fort après la première personne qui passe à portée de voix. Ou après moi-même.

 

Mais dans certains cas, la situation atteint de tels sommets qu'il est difficile de faire autrement que d'éclater d'un rire au moins intérieur.

 

Exemple vécu pas plus tard que tout-à-l'heure.

 

De retour d'une journée de travail bien chargée, je m'offre un bain très chaud bien mérité. Je suis donc toute proprette, et parfumée au 5 de Chanel (si si). La soupe de légumes mijote dans la cocotte (cocotte-minute, ce détail a son importance), prête à rassasier une famille nombreuse comportant 3 générations.

 

Après les 15 minutes de cuisson sous pression réglementaires, je coupe le gaz (à ne pas confondre avec le fromage) et je déplace le bitonniau de la soupape pour évacuer la vapeur sous pression avant ouverture du couvercle (PNC à vos portes, vérifiez votre vis-à-vis).

 

Pendant trois secondes, tout se passe normalement. Puis, pour une raison jusqu'à maintenant indéterminée et évidemment indépendante de ma volonté, la machine s'emballe. La soupape vomit soudainement quelque chose de très diifférent de la vapeur. Je dirais un crépitement violent et tous azimuts de fines goutelettes de soupe chaude, mais dieu merci pas brulante.

 

Conséquence numéro 1, les effluves de Chanel se trouvent mêlés à ceux du poireau et du fenouil. 

Conséquence numéro 2, une matière poisseuse recouvre les parties dénudées de mon individu (nombreuses mais que la morale bourgeoise judéo-chrétienne ne réprouve pas).

Conséquences numéro 3 : le sol est jonché de cette même matière poisseuse. 

Et consqéquence numéro 4, celle qui m'a finalement décidée à opter pour le rire, pendant que je m'évertuais à nettoyer la conséquence numéro 3, il s'est mis à pleuvoir de la soupe sur ma tête. Depuis le plafond, le crépitement ayant été réellement sérieux.

 

Toute cette séquence a pris beaucoup moins de temps qu'il n'en faut pour la relater, et j'ai quand même réussi à bondir sur la soupape pour la refermer. Je ne me plains pas, je n'ai pas glissé sur le carrelage gluant, et je ne me suis pas cassé une jambe.

 

La vie est belle, et la soupe était délicieuse.

 

 

 

Photo de Marie-Hélène Cingal sur http://www.flickr.com/photos/24271543@N03/5151238229/

 

Vous me direz mais pourquoi ne prend-elle plus ses photos elle-même ? Parce que j'ai intelligemment égaré le chargeur de batteries de mon nouvel appareil photo. Et là ça me fait râler pour tout de bon.

Par Claudie - Publié dans : C'est arrivé près de chez nous
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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 22:44

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Je l'appelle Joël mais je connais pas son prénom, je ne lui ai pas demandé.

Beau garçon, peau noire, costaud, souriant.

 

Ce matin, samedi, je me retouve à la ferme Tibou. Anciennement une ferme exploitant de la canne à sucre et des bovins, depuis des années recyclée dans l'accueil du public, moyennant finances sonnantes et trébuchantes. Les têtes blondes, noires, rousses, chabines etc... peuvent rouler, sauter, grimper, ploufer, tobogger, pendant que les parents savourent un moment de farniente. C'était mon cas, et pendant que Swan travaillait sa double vrille au trampoline, je bouquinais, agréablement vautrée sur un autre trampoline. 

 

Disgression littéraire. Je lisais un livre pour enfants, absolument extra : Les Willowghby, de Lois Lowry. 

 

"Il était une fois une famille appelée Willowghby : une famille vieux jeux, avec quatre enfants. [...]

 

Barnaby et Barnaby étaient des jumeaux de dix ans. Personne ne pouvait les différencier et, comme en plus ils avaient le même prénom, c'était très compliqué. [...] 

 

Leur mère, qui était indolente et de mauvaise humeur, n'allait pas travailler. [...] Elle avait lu un livre un jour, mais elle l'avait trouvé déplaisant parce qu'il contenait des adjectifs. [...]

 

Un jour, ils (les enfants) trouvèrent un bébé sur le pas de leur porte. [...] - On pourrait l'emporter à la déchetterie, proposa Barnaby B. [...] C'est lourd les bébés ? [...] Leur mère, les sourcils froncés, ouvrit la porte du fond et sortit de la cuisine. - Qu'est ce que c'est que ce bruit ? demanda-t-elle. J'essaye de me rappeler les ingrédients du hachis parmentier et je ne m'entends pas réfléchir. - Oh, quelqu'un a laissé un ignoble bébé sur le perron, lui dit Tim. [...]

 

- Emportez-le ailleurs, les enfants, dit leur mère en retournant à la cuisine. Débarrassez-vous-en. J'ai un hachis parmentier à faire."

 

Et tout à l'avenant...

 

J'arrivais au passage où les jumeaux se plaignent que leur mère ne leur a tricoté qu'un pull pour deux, quand j'aperçus dans mon champ de vision un jeune homme se déplaçant à quatre pattes en poussant des cris assez perçants. La surprise passée, je compris que c'était un garçon handicapé, accompagné par un autre jeune homme sans doute chargé de l'emmener se distraire. Il semblait bien apprécier le trampoline, et je poursuivis ma lecture.

 

Quelques minutes plus tard, le garçon se précipita près de moi, et poursuivis ses jeux son mon trampoline. Son accompagnateur s'approcha, et m'expliqua en souriant que le jeune (un bébé de 9 mois dans un corps d'adulte) aimait bien qu'on lui lise des histoires... Je n'ai évidemment pas résisté à la tentation d'engager plus loin la conversation. Joël a commencé à travailler comme techicien agricole, mais a bifurqué vers le métier d'éducateur. Il s'intéresse surtout aux autistes, et aux handicapés lourds. M'explique que ce jeune de 20 ans est tombé de la table d'accouchement le jour de sa naissance. Qu'il s'en occupe deux jours par semaine, pour lui apprendre des petites choses (patienter à la caisse au supermarché, se laver les dents, bien se tenir au restaurant...) et l'emmener ballader. Il est passionné par ce boulot, qui consiste surtout à comprendre les autres, et à leur donner un coup de main pour vivre mieux.

 

Visage chipé sur http://dominiquedelouche.over-blog.net

 

Par Claudie - Publié dans : Rien que pour vos yeux
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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 01:46

Ca n'aura peut-être pas échappé à certains, j'aime la Guyane.

Je voudrais que Cayenne ça ne soit pas fini. Tentative d'évasion (chantait Higelin). Tentative réussie, bien que ça ne soit pas le bagne pour moi.

Seulement quelques jours, mais une moisson d'instants uniques.

 

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Depuis le littoral de Kourou, les Iles du Salut sont proches.

 

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C'est la saison des pluies, on est loin du bleu fastidieux. Une période d'envasement commence, les palétuviers commencent à pousser. D'ici un an peut-être, la mangrove aura remplacé la plage. Au fond à droite à l'embouchure d'un ruisseau, un couple de martins-pêcheurs crillaillait.

 

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Un soleil cuisant est revenu. Le ciel se reflète dans la marée descendante. 

 

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Le quartier Monnerville.

 

J'avais appris dans un bouquin de Daniel Picouly que Gaston Monnerville était  président du sénat en mai 68 quand De Gaulle a un peu pété les plombs et s'est évaporé quelques jours dans la nature pour reprendre ses esprits. Et que dit la consitution en cas de vacance du président de la république ? Que c'est le président du sénat qui prend l'intérim. Monnervile - président ! (un noir, vous vous rendez compte ?). En tous cas, dans le quartier Monnerville, il y a des Chinois où on trouve au moins 40 sortes de vins, un marchand de souvenirs qui vend de beaux hamacs et qui fait crédit, et un bistrot où on sert un très bon café crème. 

 

Inselberg-Regina-Guyane.jpg

 

La barre à l'Est, toutes : direction Régina, un des derniers bourgs avant le Brésil. Une route déserte, une forêt très valonnée, un abattis et ses troncs noircis, une buse blanche au détour d'une grosse mare, un petit serpent-liane écrasé, un toucan tout plein de couleurs abrité dans une termitière désaffectée. Nous trouvons l'entrée du sentier qui mène au seul inselberg facilement accessible de Guayne. Après moins de deux heures de marche et une bon raidillon, la montagne improbable. Elle permet de surplomber un peu la forêt. Au fond, le Brésil. Pas un chat, seulement des orchidées, des arbustes à fleurs rouges, et un gros dendrobate à la descente.

La forêt offre une petite salle de bains pour se rafraîchir, avec une eau claire, courante et potable, une branche permettant de déposer un vêtement, une roche pour remettre ses chaussures, et des plantes vertes comme mises là pour faire joli.

 

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Après le beau temps, la pluie. Qui empêche de sortir l'aquarelle. Merci au bon vieux crayon à papier. La crique Macouria nous mène jusqu'à son embouchure. On ne s'aventure guère plus loin, c'est l'océan. Temps forts : les ibis rouges, spatules roéses et 3 buses buson.

 

Montagne-des-Singes-Guyane2.jpg

 

Jour du départ, je rejoins la petite route de Dégrad Saramaca (j'adore ce nom). Je n'ai jamais atteint le but de la promenade, les entrelacs de racines m'ont ensorcelée...

 

Par Claudie - Publié dans : Escape - Communauté : le rêve, l'art et l'écriture..
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