24 septembre 2015 4 24 /09 /septembre /2015 00:10

* en créole : sé far-la sé tan nou.

 

Personne n'est parfait, surtout moi. Des lacunes comme s'il en pleuvait.

 

Rendez-vous compte, je ne connais pas la Bretagne. Alors que je suis fière de compter parmi de vrais amis au moins une demi-douzaine de bretons.

 

Je devrais dire que je ne connaissais pas la Bretagne. Parce que j'ai profité de quelques jours cet été pour attaquer à l'Ouest. Tant qu'à faire, j'ai misé sur l'extrême. 

Phare de Nividic et ses deux acolytes.

Phare de Nividic et ses deux acolytes.

Toujours plus à l'Ouest. Ce n'est pas moi qui le dis, mais le Professeur Tournesol. Le phare de Nividic est situé à l'extrême ouest d'Ouessant, l'île la plus à l'ouest de l'ouest du Finisitère.

 

C'est donc sur Ouessant que j'ai jeté mon dévolu pour découvrir la Bretagne. Attention, ça ne rigole pas dans le secteur, le Fromveur gronde !

Phare de la Jument, seuil de l'océan.

Phare de la Jument, seuil de l'océan.

Le Fromveur, c'est cette espèce de bouillonnement que vous apercevez au pied de la Jument. Même par temps calme, ce qui était le cas, il y a un vieux courant qui peut s'opposer au vent (quelle idée), créant ainsi de dangereux tourbillons.

A un quart d'heure de la gare Montparnasse, porte de la Bretagne.

A un quart d'heure de la gare Montparnasse, porte de la Bretagne.

Je réalise que je n'ai pas commencé par le commencement. Ceci dit, il n'est nullement gravé dans le granit qu'un récit doive suivre le cours du temps.

 

Ma petite aventure a commencé en gare de Versailles Chantiers. Le soleil levant se reflétait sur le brillant des rails, et je vous jure que c'était drôlement beau ("Marie-Thérèse, ne jurez-pas !" - Etienne Chatiliez, 1988). J'avais pour compagnon Jolly Jumper, mon fringant destrier. Un magnifique VTT de marque Giant. Et hop, je le colle dans le train de banlieue, puis dans le TGV Paris-Brest.

 

L'aventure commence au moment du départ du TGV. Un troupeau de jeunes gens sympathiques est tout affolé, car ils ont des vélos, mais pas les billets qui vont avec. Et la contrôleuse n'est pas décidée à les laisser monter dans le train. Au dernier moment, cette brave fonctionnaire se dit qu'il serait dommage de gâcher leurs vacances, et contrevient au règlement.

 

Mais le train a sifflé trois fois et les petits jeunes galèrent pour embarquer, quelques-unes vont-ils rester sur le quai ?

 

C'aurait été compter sans tante Claudie, qui attrape les vélos et les mets dans l'espace dédié. Ouf que ! C'est parti et tout le monde est à bord.

Le phare du Minou, non loin de la baie de Brest.

Le phare du Minou, non loin de la baie de Brest.

Paris-Brest sans histoires. Le plan est de rallier le Conquet (28 km) avec Jolly Jumper, et un un petit crochet par le phare du Minou (je n'invente pas) qui m'a été conseillé par un autre breton que je connais. Formidable. Sauf que je n'avais pas prévu que faire du vélo avec un sac à dos c'est un peu fatiguant, surtout qu'il y a quelques reliefs dans cette belle région. Je pédale à toute allure de peur de rater le bateau pour Ouessant. Je passe entre les gouttes, et j'arrive en nage avec une heure d'avance au port du Conquet.

Qui dit port dit phare. Du Conquet, de section carrée.

Qui dit port dit phare. Du Conquet, de section carrée.

Pendant que je dessine, une dame vient m'informer que ce sont les grandes marées et un monsieur me dire que lui aussi il peint. 

 

Et puis mon amie Marion arive échevelée (une belle crinière blonde). Nous sommes drôlement contentes de nous retrouver. Encore une bretonne passée par la case Guadeloupe.

Le phare du Créac'h, en tenue de bagnard.

Le phare du Créac'h, en tenue de bagnard.

Marion me tient compagnie une nuit et un jour. Le soir, gros coup de chance. Au resto, il y a du ragoût (de mouton) cuit sous la motte. Demandez à Google ce que c'est. Après une bonne nuit dans le bourg de Lampaul, nous enfourchons nos destriers pour aller à la pointe du Pern. Abritées derrière un rocher, nous cassons la graine, puis je croque le phare pendant que la petite pique un roupillon. Que tout celà est bel et bon. 

Le phare du Stif.

Le phare du Stif.

Mon amie est partie, j'ai deux jours pour explorer l'île.

A nouveau le Créac'h, sous un autre angle.

A nouveau le Créac'h, sous un autre angle.

Des goélands.

Des goélands.

Des murets délimitaient les propriétés.

Des murets délimitaient les propriétés.

Maison bleue, mer bleue, ciel bleu. Mais pas les mêmes bleus.

Maison bleue, mer bleue, ciel bleu. Mais pas les mêmes bleus.

Le bourg à la nuit tombante.

Le bourg à la nuit tombante.

Je dîne seule (langoustines), passe une nuit agitée (insolation) et une matinée laborieuse (vélo, crevé à l'avant, dégonflé à l'arrière).

Le phare de Kéron et Molène. Un coup de vent a plié mon papier.

Le phare de Kéron et Molène. Un coup de vent a plié mon papier.

A proximiité du Créac'h. La boucle est bouclée.

A proximiité du Créac'h. La boucle est bouclée.

Je n'ai que le temps de repasser prendre mes affaires, et sauter dans le bateau après un bon cidre pression au port du Stif. Traversée sans histoire, la mer est ultra-calme.

 

Enfin si, une petite histoire quand même. Je trouvais mon voisin sympathique sur le bateau. Je tente donc une approche pleine de finesse, genre "c'est fou tous ces récifs dans le coin". Le gars ne me répond pas. Quel ours. Un de ses amis me dit discrètement qu'il est sourd !

 

Penn Ar Bed je t'aime ! 

24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 22:27
Ioüanacéra

Bin voilà que j'apprends quelque chose, voulant me documenter un tout petit peu avant de démarrer cet article consacré à une grosse journée passée en Martinique (à la Martinique devrais-je dire) il y a peu.

 

La Martinqiue était appelé en language caraïbe ioüanacera. 

ioüana = iguane, caéra = île. L'île aux Iguanes.

 

Moi qui croyait que c'était l'île aux belle fleurs. C'est d'ailleurs pour ça que je voulais en parler, ayant été envoyée en émissaire par mon employeur sur un projet de relance horticole dans la Caraïbe.

 

Ioüanacéra

Lui c'est Mario, le chef de projet. Beau gosse.

 

Ioüanacéra

Une jeune haïtienne qui me fascinait par le côté lisse de son visage.

 

Ioüanacéra

Tout a commencé par une arrivée nocturne dans un 4 étoiles. Je n'avais même pas réalisé qu'on était près de la mer. On est plouc ou on ne l'est pas.

Je dîne seule, les autres congressistes étant dans un hôtel proche, mais complet ! Clientèle rare, c'est la basse saison. Je m'ennuie agréablement, et vais me perdre dans un lit de 3 mètres de large, garni de 4 oreillers.

Ioüanacéra

Au matin, ça se confirme, la mer est là. Nous sommes à Trois-Ilets, à la Pointe du Bout. Je krabouille vite fait, le bus passe me prendre à 7h30.

 

Ioüanacéra

Direction Trinité, expoitation Petit Galion. Une quarantaine d'hectares très valonnés. Alpinias, Roses porcelaine, Balisiers...

 

Ioüanacéra

Ca discute ferme. Tous passionnés. Ils voudraient bien rapporter quelques plants chez eux.

 

IoüanacéraIoüanacéraIoüanacéra

Il est temps de passer à la suite. Direction Le François, chez Bélliard. Un pépiniériste spécialisé dans les arbres de grande taille. Je me souviendrai de l'accueil et la gentillesse de Maurice et Mariana.

 

Ioüanacéra

Un bel abri pour les bébés lataniers en tous genres.

 

Ioüanacéra

Pieds d'avocats, de sapotilles, de pamplemousses. Rien ne manque. Des pieds de palmiers de 8 mètres de haut sont en vente, cultivés en pots. Ainsi en cas de cyclone, il suffit de coucher le plant et il n'est pas perdu.

 

IoüanacéraIoüanacéra

Des orteils et des oreilles attentifs.

 

IoüanacéraIoüanacéra

La nuit est là. Un spectacle nous est offert, pour symboliser ce projet Caraïbe.

 

IoüanacéraIoüanacéra
Ioüanacéra

Songe d'une nuit juste avant l'été ?

18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 23:58

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Soirée tranquille. Une émission sur France Inter avec des sons de Neil Young. Carrément nuit et grenouilles. Une heure du mat' en France, 20 heures chez moi.

 

Une bonne nouvelle, l'eau est revenue après deux jours sans. Des grèves. Mais pas désagrable de prendre sa douche avec une calebasse d'eau fraîche.

 

Mon ami Michel m'a offert un titre en or. "Tu as inventé le fil à couper la lune" a-t-il dit en regardant une photo.

 

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Dimanche dernier, je suis allée explorer avec quelques indécrottables naturalitses, un peu gauchistes mais pas tous, une zone assez particulière de la Guadeloupe.

 

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Les Grands Fonds. Fond = vallée. Une succession de mornes et de fonds. De monts et de vaux dirait-on en d'autres contrées. Une base calcaire, nous sommes en Grande-Terre. Recouverte de prairies, parfois de forêts. Certains fonds sont comme des vallées de montagne, privés de soleil une partie de la journée.

 

Vu d'avion ou sur la carte IGN, ça ressemble aux circonvolutions d'un cerveau. 

 

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Depuis quinze vingt ans, la pression est forte sur ce milieu. Des carrières pour le tuff calcaire. Jamais réhabilitées et laissant place à des plaies blanchâtres. La forêt est mitée, elle est devenue largement discontinue. L'urbanisation gagne malgré les pentes. Quand je dis urbanisation, ça peut faire sourire. Il ne s'agit que de maisons, surtout sur les crêtes. Rien de plus, c'est encore le cul du monde malgré des centres bourgs importants à proximité.

 

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Malgré cette dégradation, les Grands Fonds restent un bijou. En fin de saison des pluies, donc en ce moment, les fonds sont gorgés d'eau, et une tonalité vert intense domine. 

 

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Que se passe-t-il dans les Grands Fonds ?

 

Un monsieur est venu traiter sa vache contre les tiques. Maisl il a égaré le joint de son pulvérisateur alors il reviendra plus tard.

 

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Un homme, tout seul sur une pente, défriche au coutelas pour planter quelques pieds d'ignames.

 

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Sous un gros manguier, un "atelier" à charbon de bois.

 

Un peu plus loin, un vélo de la poste, alors qu'il n'y a aucune boîte aux lettres en vue et que c'est dimanche.

 

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Au détour d'un chemin détrempé, une grande et belle mare.

 

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Des bestioles marchent sur l'eau.

 

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D'autres font de la peinture à l'eau.


Le propriétaire du vélo est en fait retraité de la Poste, a qui ses collègues ont offert son outil de travail. Je vous le donne en mille, ce gars était postier depuis 30 ans à Versailles.

 

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Un palmier endémique de l'île habite là. Bardé d'épines. Acrocomia karukerana.   


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Et la lune s'est fait couper en deux ! 

21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 22:15

Le petit Larousse nous dit : "Tintamarre : Bruit assourdissant, fait de sons discordants". "Il y avait dans les sycomores un tintamarre de fauvettes (Victor Hugo, Les Misérables)".

 

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Des discordances (géologiques), on peut en observer sur les falaises de l'Est de l'îlet Tintamarre. Ainsi que des fauvettes à l'occasion.

 

Mais des bruits assourdissants, pas vraiment. Juste le chant des Pailles en queue, des Fous bruns, des Huitriers et Echasses d'Amérique, des Canards des Bahamas. Juste le bruissement de milliers d'Améives, ces lézards de bonne taille. Juste le souffle du vent. Juste les rayons du soleil qui éclairent les rondeurs piquantes des Melocactus, des Raquettes et des Cierges. Et les rondeurs lisses du dos des Tortues charbonnières. Quant aux Requins citrons et aux Carangues, ils sont bien là, mais ne contribuent à aucun tintamarre.

 

Sur certaines cartes, Tintamarre s'écrit avec un seul r. Tintamare : la couleur de la mer ?

 

Tintamarre est un îlet proche de la partie orientale de Saint-Martin, et fait partie de la Réserve Naturelle Nationale de Saint-Martin.

 

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Peu ou prou une centaine d'hectares, une partie marine en réserve, ainsi que la zone terrestre des 50 pas géométriques.

 

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Des petits bois à mancenilliers, quelques mares puisqu'il a beaucoup plu depuis le cyclone Gonzalo.

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Une ancienne bergerie, qui a vu des moutons jusque dans les années 70.

 

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Et des murets de pierres sèches, édifiés antan lontan par des esclaves pour délimiter les propriétés. Tiens, ça me dit quelque chose les murets. Impression de déjà vécu.

 

Mais oui, à Petite Terre, qui ressemble un peu à Tintamarre, il y a aussi des murets. Qui hébergent des lézards discrets et redécouverts depuis peu. Ca me revient maintenant, des murets à Scinques. A Petite Terre, et à Désirade, les murets sont des HLM pour l'espèce Mabuya desiradae.

 

Eh bien figurez-vous qu'en mars 2013, des Scinques ont été découverts sur les murets de Tintamarre. Personne n'avait songé à regarder. C'est un autre genre : Spondylurus. Mais quelle espèce, on ne sait pas. Il faudrait pour celà aller y voir de plus près.

 

 6 rêveurs

 

Nous y voilà. En guise d'Armistice, nous, 6 doux rêveurs d'AEVA (asso naturalistes mooondialement connue) et d'ailleurs sommes allés arpenter plusieurs jours durant à Tintamarre. L'idée était de capturer deux spécimens pour la description de l'animal. 

 

Plusieurs écoles se sont affrontées : capture à la main, à la ligne ou au lasso.

 

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Priez pour nous pauvres pêcheurs.

 

 

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Entraînement sur un Anolis gingivinus. A qui la liberté fut rendue.

 

Après 5 jours à suer sang et eau, et quelques moments de découragement, nous avons tiré les enseignements suivants :

 

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Cliché N. Barré

 

- Le Scinque de Tintamarre est presque aussi rare que ses cousins de Petite Terre, et de taille nettement plus petite. Il semble être plus actif et se déplacer davantage.

- Il a tendance à se précipiter sur les petits objets blancs ou à éclat métallique, tels fil de pêche ou hameçon.

- Plus l'heure avance, plus il est vif et moins il se laisse approcher.

 

Et le dernier jour, presque au même moment sur deux murets différents, deux Scinques furent capturés. Le premier au lasso par Nicolas, le second à la main par Olivier. Un mâle adulte, c'est ce dernier qui servira de "type" lorsqu'il sera déposé au Museum.

 

Parions que Blair Hedge, que nous avons chargé de réaliser la description taxonomique de ce lézard, lui donnera un nom évoquant Tintamarre.

 

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Il nous faut remercier la DEAL de Guadeloupe pour son soutien financier. Et le personnel de la Réserve pour son appui logistique, et surtout son accueil sympathique. Merci donc à Julien, Amandine, Franck, Steeve, Christophe et Romain ! 

1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 22:10

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"2G 7000-100 paf tout rond". 

 

Chaque année à la Toussaint, nos amis de l'association AMAZONA investissent la Pointe des Colibris. Pour être à leur aise, l'ensemble des gîtes "Amour d'Olivier" leur est réservé.

 

Mais pour quoi diable y faire ?

 

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Y dérouler pas moins de 144 mètres de filets.

 

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Y placer à proximité une sono enfermée dans des sacs poubelles, débitant à longueur de matinée des chants d'oiseaux.

 

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Profiter du carbet pour installer pieds à coulisse, balance de précision, feuilles de notation, et scribes appliquées (c'était des filles alors j'accorde l'adjectif en genre et en nombre).

 

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Vous avez trouvé. Session de baguage. Plein ouest de la Désirade.

 

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Frantz, Anthony, Claude, Jacky, Antoine, Eric, Thomas, Emilie, Marion, Yasmine, Marine, Lola et Damien étaient là. Et moi et moi et moi.    

 

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Tous affairés. Inspecter les filets. Démailler les oiseaux sans qu'ils y laissent trop de plumes.

 

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Les placer dans des sacs de tissu individuels portés autour du cou. Identifier l'espèce et si possible le sexe.

 

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Vérifier son adiposité - donc son état de forme - en lui soufflant dessus au niveau du bréchet.

 

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Prendre ses mensurations.

 

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Puis le placer la tête la première dans un gobelet et déposer le tout sur la balance. Lui passer la bague au doigt (à l'inverse de nous autres humains, la bague est placée à droite).

 

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Et enfin le relâcher avec une pointe de regret. C'est si doux d'avoir les oiseaux en main.

 

Quand je leur ai demandé pourquoi ils faisaient ça, voici quelles furent leurs réponses.

 

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"Ca sert à connaître les routes de migrations".

"Ca permet de connaître l'évolution des populations, mais d'une fois sur l'autre les oiseaux s'habituent aux filets alors c'est difficile de comparer".

"Ca permet de faire du suivi".

"Ca permet de savoir si on a affaire à des sous-espèces".

 

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Et la dernière, que je retiendrai partculièrement.

 

 

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"C'est aussi pour le plaisir de voir les oiseaux de près, et de nous retrouver ici chaque année".

 

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J'aime bien les oiseaux, mais il n'y a pas que ça dans la vie. Y'a les piafs aussi 

Non, je voulais dire que j'étais partie là-bas avec Emilie (oui, elle est jolie), et avec nos vélos. Nous avons un peu fait bande à part, je vous raconte ça dès que possible.

8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 19:26

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Il existe encore des TTPV.

 

Trains à toute petite vitesse. A l'heure qu'il est, je suis dans le Corail qui relie Nîmes à Clermont-Ferrand. Je n'ai pas choisi une voiture à compartiment, je ne sais pourquoi. Au début du voyage, je suis encore dans le monde habituel. Pas mal de gens dans le train. Je profite du temps que j'ai devant moi pour retranscrire sur mon ordinaschtroumpf un ou deux trucs de la plus haute importance (un article sur Les Saules, et un rêve récent).

 

Inconsciemment, je perçois qu'après le premier arrêt, le wagon s'est quasiment vidé. Un peu comme Tintin et le Capitaine Haddock, dans un tortillard des Andes, qui réalisent qu'un piège leur a été tendu et que le train prend dangereusement de la vitesse au-dessus d'aplombs terrifiants. Je n'en suis pas là tout de même.

 

Il reste un monsieur de l'autre côté du couloir, qui me demande s'il est possible de bien tirer le rideau. Pour qu'il puisse à son aise regarder le paysage. C'est donc à ce moment-là que je réalise que le paysage est renversant. Comme une andouille, j'avais le nez dans mon ordi à ranger mes photos.

 

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Cliché http://www.alizari.fr/

 

C'est bien simple, nous sommes dans quelque chose qui hésite entre des montagnes, des collines, des gorges, des forêts rougissantes. Non pas de timidité, mais de début d'automne. Rien en vue si ce n'est la nature sauvage.

 

A l'arrêt suivant, il ne reste dans ma voiture qu'un vieux couple à un bout, et une femme discrète comme une souris à l'autre. Le train avance à petite allure. Des tunnels et des viaducs comme s'il en pleuvait. La lumière accroche les reliefs. La roche semble toute érodée, avec plein de petites aspérités. Des falaises, avec des motifs rocheux qui me font penser à des masques africains. Une énorme impression de solitude mélancolique et initiatique. J'en profite pour réviser mes respirations de yoga, je risque même quelques postures discrètes.

 

Mademoiselle Buisson, une vieille fille célibataire qui portait des tailleurs gris et des bas beiges, a été ma prof de géo pendant des années. Je dois avouer que ses discours un peu gouailleurs ne m'ont pas laissé des souvenirs très nets de la géographie de notre beau pays. Je vois bien que nous sommes dans des gorges, mais les gorges de quoi ?

 

Nous passons sans nous arrêter à la gare de Chapeauroux, ce qui ne me dit strictement rien. Le vent souffle en rafales, alors les arbres s'agitent amplement, et la surface de la rivière est toute énervée. Parfois un petit village. Ah, un panneau, c'est l'Allier.

 

La magie est maintenant rompue et je retrouve la réalité. Au sortir d'un tunnel, le train reprend une vitesse quasi moyenne, les reliefs s'estompent. Le train est maintenant arrêté en gare de Saint-Georges d'Aurac. Quelques personnes du monde moderne (chacun un smartfaune en main) sont montées et se sont installées près de moi. Sympathiques, il prévoient de faire des spaghettis à dîner ce soir.

 

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Une photo, peut-être pour être sure que je n'ai pas rêvé.

23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 23:40

Carnet de voyage sans exercice de style. Ce sera brut et chnronologique.

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Au sortir de mon unique journée de travail, je relie la rue de l'Université à la rue Notre-Dame des Champs. Entre les deux, les Invalides, un morceau de Tour Eiffel qui émerge d'un immeuble, de belles grandes avenues dont je ne connais pas le nom. La Tour Montparnasse me guide. Je n'ai pas eu à trouver la rue du Cherche-Midi à 14 heures, il était déjà bien plus tard. Rue de Rennes, quelqu'un me téléphone pour confirmer une rencontre à Rennes le lendemain. Tout celà est pure vérité.

 

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Je réalise à l'instant que c'est un joli signe, la rue du Renard. Ces petites bêtes on peut les rencontrer presque partout. En l'occurence, je suis à une terrasse de bistrot avec ma soeur, on prend le bon air tiède, et une bonne bière fraîche. Chacune nous barbouillons au moins 3 pages de notre carnet et nous en sommes heureuses.

 

 

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A la deuxième Leffe, je me lance dans quelque chose de plus structuré. Il est nécessaire de beaucoup cligner de l'oeil pour ne pas trop trahir la perspectives. Peut-on trahir avec un clin d'oeil ?

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Toujours au même endroit, c'est à dire à 2 pas de l'Hôtel de Ville et de la Fontaine Saint-Michel, une jolie fille à chapeau prend également un bain d'air Parisien.

 

 

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Dernière étape, la maison d'Orvilliers. Le bois de Tacoignières est là, fidèle au poste depuis toujours. Ce soir-là, je m'endors sur le canapé, le feu de cheminée (il faisait froid ce 13 juillet), les feux d'artifice en bruit de fond.

22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 20:53

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Que voit l'oeil averti ?

 

- Quelques (très légères) rides au coin de l'oeil, parfois appelées pattes d'oies ?

- Un demi-sourire un peu niais ?

- Un morceau de crêpe coincé entre deux dents ?

- Un quidam ne se doutant absolument pas de l'unicité de l'instant ?

 

Peut-être.

 

Mais si vous regardez un peu plus attentivement, il y a en arrière-plan 3 petites spirales reliées. Hé hé, ce qu'on appelle un triskel.

 

Donc c'est un indice. Nous sommes en Bretagne. A la gare de Rennes plus exactement. Vite fait, nos trains partent dans 5 minutes, un petit selfy avec Mamacita pour nous souvenir de cette journée passée ensemble. Elle repart vers Concarneau et moi vers Paris.

 

Rennes que je ne connaissais pas m'a semblée être une très jolie ville. J'ai particulièrement apprécié les colombages en bois teintés, et la boutique de fournitures à dessin, que nous avons quelque peu dévalisée.

 

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Quand même pris le temps de faire deux-trois clichés sur le thème, apprécié par certains, des talons aiguilles.

 

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La prochaine fois j'essaierai de mieux coller au sujet, et de ne pas m'enflammer pour des futilités, que diable !

18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 15:58

J'ai longuement hésité. Au moins 10 minutes.

 

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Un week-end à Marie-Galante avec le club de roller, pour en faire le tour (40 kilomètres) (j'écris kilomètres en entier, parce que c'est long à faire, surtout en roller).

 

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Le petit Milou en forme d'ange : "Ma vieille, tu as toujours le chikungunya en toi, et les genoux en vrac. Tu vas pleurer ta mère si tu y vas".

 

Le petit Milou en forme de diable : "Oui mais ça va être trop sympa, tu ne peux pas louper ça".

 

Soit (prononcer "soite"). L'industrie pharmaceutique ayant quand même mis à la dipsosition de la population des petits cachets rouges à effet anti-ouille, il n'est pas interdit de rêver.

 

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Alors voilà, quelques images et moments qui m'ont été donnés un week-end de mai.

 

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Départ gare maritime de Bergevin.

 

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Le matos est prêt.

 

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Echantillon des merveilleux fous roulants.

 

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Un stop à Saint-Louis, une dame a débarqué par erreur.

 

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Grand-Bourg nous voici.

 

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Le Soleil Levant.

 

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Départ place de Saint-Louis, hauts les coeurs.

 

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L'armée est là ce week-end, on mixe un max.

 

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Des pauses mais pas tant que ça.

 

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Pfou.

 

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Etape de Capesterre.

 

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Etape miam miam à Grand-Bourg.

 

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Un petit foot pour ne pas se refroidir.

 

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Dernier tronçon vers Saint-Louis.

 

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Arf ! Un bain de mer, on file à Grand-Bourg reprendre le bateau.

 

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Le temps d'une bière tout de même.

 

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Une Carib sinon rien.

 

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Un instant spécial sur le chemin du retour.

 

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Bilan. Rien que du tout bon. A refaire, même si ça ne sera plus la première fois

 

Woulo Séb et Nico, du Blues Roller Gwada band.

 

7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 01:57

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Un dimanche sur le caillou long. Avec Paul, mon nouveau neveu, et Emilie jolie.

 

Nous montons sur le plateau, et tentons de trouver l'accès d'une belle ravine, qui donne sur la côte nord de la Désirade, battue par la mer, probablement parce qu'elle l'a bien mérité.

 

La ravine se mérite également, nous déambulons un certain temps dans le zaïon, écorchons nos mollets dans les broussailles, tentons de nous orienter grâce au bruit des éoliennes, ou à la topographie : il faut descendre.

 

L'intérêt de galérer à trois, c'est qu'il y en a toujours au moins un qui ne perd pas espoir.

 

Aaahh, je reconnais vaguement les lieux. Un semblant de sentier, un creux, le tout début de la ravine !

 

Ensuite, c'est du gâteau, il n'y a qu'à suivre la voûte ombragée (il était temps, nous commencions à ressembler à 3 vieux toasts grillés). La ravine est sèche, mais on comprend que lorsqu'il pleut fort, ça doit débarouler. Plein de minuscules lézards noirâtres et frétillants, des gymnophtalmes. 

 

Et voilà, terminus. Tout le monde ne descend pas, sous peine de faire le grand saut. Cette ravine ne débouche pas à la mer, mais sur un cirque constitué d'une falaise de 100 ou 200 mètres de haut. Nous contemplons le V Vert tendre de la Vallée, barré par un horizon marin bleu, mauve et turquoise. Sans oublier les roches sombres et l'écume éclatante. La cagnard fait son boulot. Sur la droite une rûche naturelle avec ses rayons de cire qui pendent dans un recoin de la falaise. La lumière accroche les abeilles qui rentrent au bercail.

 

C'est les pieds dans le vide ou presque que je tire le portrait du paysage. A toute allure parce que mes deux compagnons ont chaud très chaud. Et aussi parce qu'avant de reprendre la bateau, il nous fait encore aller à la pointe Est de l'île pour tenter de voir les baleines à bosse depuis la station météo. Alors vous pardonnerez l'aspect brouillon de l'aquarelle, mais le coeur y était.

 

Nous remontons notre ravine au galop, et repérons bien l'accès pour la prochaine fois. Descendons de la montagne, prenons le chemin du phare (ah, le phare) et posons nos fesses sur la terrase de la météo. Tous les bois du deck ont été chapardés, ne restent que les poutrelles. 

 

Le regard rivé vers les 7 000 kilomètres d'Atlantique, nous cherchons les souffles. Rien. Les baleines ont boudé, et dans une ou deux semaines repartiront migrer dieu sait où. Elles nous font cependant signe sur le bateau du retour.

 

Bon signe ? Qui peut le dire.