15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 00:09

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J'en profite pour demander aux lettrés qui pourraient me lire comment s'accorde le mot yien yien au pluriel. Voire même comment il s'écrit.

 

Les yien yiens c'est presque rien. D'où leur nom peut-être. "Pa ni a y'ien". Ca escagasse terriblement lorsque le vent tombe près des côtes boisées. De minuscules insectes se posent sur vous et s'envolent dès qu'on les regarde au fond des yeux Ce n'est pas vraiment qu'ils piquent, disons qu'ils picotent. Mais un picotis multiplié par 100 peut rendre à moitié fou. Surtout quand ils s'insinuent dans les narines et les cheveux

 

En cherchant chez l'ami Google, je lis qu'aux Antilles, "Le toufé yien-yien est un bal populeux où il y a tellement de monde, qu'on étouffe le yen-yen ou nien-nien (nom d'une petite mouche) de sa cavalière". Faut-il que le collé-serré soit sérieux pour étouffer ces bestioles.

 

Si je tiens ce discours entomologique, c'est que j'ai évité le pire la semaine dernière. J'avais décidé de partir en expédition sur le petit bout de terre tout à l'est de la Grande-Terre. Aventure toute relative puisqu'environ une centaine de visiteurs y débarquent chaque jour. Ils sont heureusement circonscrits par la réglementation de cette réserve naturelle  : on ne dépasse pas la plage des cocotiers, le lagon, le phare et le sentier de découverte. Moins de 5% du territoire, ce qui en laisse une bonne tranche aux égoïstes de ma sorte qui ont la possibilité d'arpenter partout où ils veulent. Et de dormir sur place alors que tout le monde est reparti. En contrepartie, il est demandé (sans grande insistance) de participer aux travaux de surveillance, sensibilisation, nettoyage et observation (les 4 mamelles de la protection du site).

 

Par chance, l'alizé avait repris le boulot peu avant le départ. Les yiens yiens n'aiment pas l'alizé, qui les envoie voir ailleurs. Ils se trouvent alors limités aux zones abritées des plages et mangroves.

 

 

Et voilà donc comment les soirées et nuits purent se passer comme il se doit, sans que nous ne devînmes zinzins because les yiens yiens.

 

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Une mention spéciale pour le haut du phare, très venté et rendant impossible toute agression (d'insectes je précise).


 

 

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Déjà plus problématique, la zone du vieux muret en ruines, proche d'un genre de forêt de Brocéliande. La saline est juste à côté alors je me suis fait dévorer grave.

 

 

 

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Rien à signaler sur la plage sud, la seule chose qui pique, c'est le soleil.

 

 

 

 

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Arrière-plage à cocotiers et raisiniers bord-de-mer, excellent gîte à yien yiens.

 

Voilà, c'était le chapitre 1 de la vie des bêtes sur Petite-Terre. La prochaine fois, peut-être une chronique sur le requin citron, qui sera sans doute plus difficile à dessiner.

29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 17:14

La mer de Chine est probablement beaucoup moins poétique que ce que j'imagine. 

 

Eh bien j'ai été en mer de Chine hier dimanche. Et encore, la moitié de la journée à suffi pour faire le voyage.

 

La preuve par l'image.

 

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Imaginez un lagon le matin, pas une seule ridule, c'est de l'huile première pression à tiède. Teintes pastel dans les bleutés, rosés, violacés (assez !).

 

Au premier plan, un pied de palétuvier, et caché dedans, un râle gris (regardez bien). Il n'était pas si farouche, quelques secondes avant de le voir j'ai poussé un glapissement qui ne l'a pas dérangé. Je barbottais dans un petit mètre d'eau, mon calepin à la main pour immortaliser la mer de Chine, quand un truc non identifié m'a goûté l'orteil. Pas méchammen et d'ailleurs je n'ai pas eu mal. J'ai juste eu peur, d'où couinement bruyant.

 

Au second plan, les bouquets de mangrove, semblant flotter au-dessus de la surface, et des cabanes posées là. Il y a quelques années, elles étaient encore à sec, mais elles permettent maintenant de pique-niquer les pieds et peut-être les fesses dans l'eau.

 

Tout celà était si beau que ça m'a serré le coeur, j'aurais voulu faire quelque chose mais quoi ?

 

A défaut d'autre chose, j'ai fait un demi-tour sur moi-même, toujours en plein lagon.

 

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Cette fois-ci, c'est le continent qui s'offre à l'âme, avec son cordon de mangrove. Malheureusement, mon calepin n'est pas assez large pour le panoramique complet de la Basse-Terre. Où plutôt j'ai mal calculé les proportions et il manque la moitié de la montagne. 

 

Un petit vent s'était levé, et il a fallu un peu appuyer sur les pagaies pour revenir à la côte et à l'embouchure de la rivière. Déambulations dans les entrelacs de racines. Le ciel se reflète sur l'eau calme de la mangrove. Les petits crabes tournent autour des branches au fur et à mesure que l'on s'approche, pour se cacher. Les huitres des palétuviers baillent, mais n'ont aucune raison de s'ennuyer.

 

La rivière de Sofaia débouche sur un petit canal, il y a des barques plutôt abandonnées en chapelet sur la rive et quelques boeufs au piquet, mais sans bonnet d'âne, paturent.

 

C'était ma matinée en mer de Chine.

1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 23:47

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Le bout du monde se situe à environ 20-25 minutes de chez moi. Une section appelée Vieux-Bourg, située en bordure du Grand Cul-de-Sac marin. 

 

Que se passe-t-il à Vieux-Bourg ?

 

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Des pêcheurs pêchent et disposent d'un joli petit port.

 

 

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Des riverains rêvent au bord du port.

Des enfants barbottent dans un bassin d'eau claire à fond de galets.

 

 

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Un canal canalise de faibles énergies.

L'argile s'agite et s'enlise sur les rives de Babin (voir l'article d'avant), pour le bonheur dermatologique (ou articulaire ?) des vieux du coin.

14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 23:41

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G un joli ordi tou 9 !

 

C'est un Macintosh, on peut donc dire que je reviens à mes anciennes amours, ce qui est rarement désagréable. Rassurez-vous, je ne vais pas vous bassiner sur le mode "c'est merveilleux de convivialité-c'est bien mieux que lépécé-etc". C'est vrai qu'il y a des avantages indéniables, mais je suis un peu perdue dans la représentation du système de dossiers et fichiers (le Finder que ça s'appelle au pays de la pomme). Ils sont tout petits, même avec mes lunettes.

 

Bon, on s'en fiche, je suis bien d'accord avec vous.

 

Je suis bien contente, d'avoir retrouvé le goût de représenter ce qui m'entoure sur du papier. Enfin pas tout ce qui m'entoure, disons ce qui me touche. Ce qui m'a permis de m'y remettre, c'est le bête craypn à papier, et le carnet de croquis. Comme ça, je n'ai pas peur de gâcher le papier, et c'est plus spontané. J'arrive même à refaire de la couleur sur du papier aquarelle. Chouette, je seré pa obliger dallé voir le ksichologue.

 

Je vous montre mes derniers grabouillages. Celui là-haut, c'est vu du modeste sommet de Green Island, micro-dépendance d'Antigua, appartenant quant à elle au Commonwealth, bien qu'indépendante (comme l'Australie, mais c'est un peu plus petit). Ci-dessous, même punition mais en couleurs (au moins deux : le bleu de la mer, et le bleu du ciel).

 

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La suivante est également à Antigua (Falmouth Harbor, je le précise car dans 30 ou 40 ans, j'aurai oublié ce détail et serai bien contente d'avoir été prévoyante. A moins de reposer 6 pieds sous terre, ou ailleurs, auquel cas mes souvenirs se seront trouvés dilués dans l'univers). Vous distinguez au fond la silhouette de Montserrat, qui sera illustrée un peu plus loin. Bleus moins éclatants, une petite dépression étant passée dans la nuit.

 

 

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Next slide please.

 

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Comme promis messieurs zé dames, nous voici à Montserrat. Little Bay. Petite certes, et de plus la seule autorisée pour le mouillage. Ailleurs c'est un peu risqué, à cause du volcan Soufrière Hills qui est énervé depuis 17 ans. A l'horizon, c'est Nevis et un peu plus près l'îlot de la Redonde. A ce qu'il paraît, il et judicieux d'y jeter l'ancre et d'inspecter les fonds, on ne peut plus poissonneux.

 

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Little Bay côté jardin.

Je crois que ous avons fait le tour graphique de cette petite promenade estivale, la suite au prochain épisode.

 

 

 

24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 22:58

Cet article est une commande de mes compagnons de bateau. A la fois éprouvés, ravis, moulus, ils ont voulu garder le souvenir de 6 jours passés à la voile entre Pointe-à-Pitre, Antigua, Montserrat et les Saintes. En bonne camarade que je suis, je m'exécute, et je reporte ici la liste à la Prévert que nous avons établie ensemble.

 

Chapitre 1 - Les animals

 

Les poissons !

 

(un Thierry obsédé par la pêche)

 

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(un David à l'expertise, un Woody et un Rémi à l'assistance technique).

 

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- Un thon à ailes jaunes de plus de 3 kg entre Falmouth et Green Island, cuit au barbecue sur des sarments de raisinier-pays.

 

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- Un tazar maquereau d'un kg, même trajet, au four en papillotte.

 

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- Une dorade cauriphène de ? 4 à 5 kg, ratée dans la même zone.

- Une carangue bleue de 500 g à Green Island et Montserrat, cuite entière et au beurre à la poële.

- Une bonite de 2 kg entre Green Island et Montserrat, cuite en darnes à la poëlle.

- Une bécune (baracuda) de ? 2 kg entre Montserrat et les Saintes, relâchée pour cause de ciguaterra.

 

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- Une carangue noire même poids, même lieu, même punition.

 

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- Une touche de bécune un peu plus tard.

 

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- 2 exocets échoués sur le bateau pendantr la nav de nuit, qui finiront comme appâts.

 

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- 1 raie à Green Island, une raie à Montserrat, plaisir des yeux.

- Une vive à l'ilet Cabri, mangée au barbeque chez David et Marie.

 

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- Et en bouquet final, un tazar de 3 kg attrappé en plein grain au large de Goyave sur la route du retour.

 

Les dauphins !

Nous trouvent, jouent un peu, nous offrent des cabrioles, frôlent l'étrave, l'un se cogne un peu. Ce sont les petits dauphins tachetés.

- Une bande entre Guadeloupe et Antigua.

- Une bande à deux reprises peu avant l'arrivée à Montserrat.

- En nav de nuit d'après Thierry.

 

Les tortues !

Tortues vertes ou imbriquées ?

- Une dans le Grand Cul-de-sac Marin.

- 2 à Green Island.

- 1 en repartant de Montserrat.

 

Les virus !

 

- De la varicelle, déclaré chez Rémi.

 

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Mention spéciale baracuda

Thierry (je schématise) : "Au secours, un requin de 2 mètres de long, il aurait pu manger Michèle". Ce n'était qu'un gros baracuda qui nous a pris en sympathie. Nous l'avons baptisé Barak.

 

Les noiseaux

Surtout à Green Island mais pas seulement.

- Un bihoreau violacé.

- Des mouettes.

 

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- Des petites strenes.

- Les inévitables pélicans et frégates.

- Un faucon américain.

 

Les reptiles (au secours) à Green Island

- Deux couleuvres.

 

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- Des tas de lézards au nez rouge.

 

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Les mammifères

- Un agouti à Montserrat.

 

Les diptères

- Des moustiques de la Gabarre et l'Alliance.

- Des asticots dans la tarte de vous savez qui.

 

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- Des mouches dans le carré.

 

 

Chapitre 2 - Les raouls et malaises divers

 

Vomito

- Grand prix du jury : Thierry, 3 fois avec sono et ampli intégrés.

- Prix spécial du public : Marie, 3 vomis très discrets ainsi qu'un malaise léger mais persistant en nav.

 

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- Le monde du silence : Woody, le premier jour.

 

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- Encouragements du jury : Claudie, 1/2 vomi parfum banane le premier jour.

 

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Autres mentions

 

- Le prix vanille-fraise : Mimiche, coup de chaud à Green Island.

 

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- Le prix Elephant Woman : Michèle encore, dont la main a doublé de volume suite à une attaque probable et néanmoins intempestive des moustiques de l'Alliance (très méchants).

- Le prix confettis : Rémi, ou la guerre des boutons (voir plus haut virus de la varicelle).

 

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- Le prix nostalgie / parlote : Swan.

 

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- Le prix ça déchire : David, embraqueur un peu trop leste ("Aïe, quand je fais ça, je peux pas le faire").

 

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- Le prix bricoleur devant l'éternel, qui récolte parfois plaies et bosses : François (au palmarès des réparations et récupérations diverses : 1 moteur, 1 générateur, 1 gaz, 1 lazy Jack, 2 assiettes par 15 mètres de fond, 1 saut de gazelle dans l'eau fangeuse de la marina à l'arrivée. A ce propos, fous-rires étouffés, et quantité de granules contre le mal de mer délivrées par erreur, la soigneuse les ayant confondues avec l'arnica.

 

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Mention à notre ami de tous les instants

CROSSAG, CROSSAG, CROSSAG.

 

L'équipée sauvage à Montserrat

 

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- Sous la houlette de Sam, notre-guide-qui-s'est-assis-sur-le-gros-rocher-là-bas-près-du-volcan. "I sat there, yeah !".

- Une vallée comblée de cendres.

 

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- Des villas à vendre pas cher en pagaille.

- Un point de vue après un parcours semé d'embuches, avec une pente à environ 70% sans exagérer (Ou pas beaucoup. Ou je l'ai pas fait exprès. Ou il était pas beau).

- Un stop sur l'héliport de l'observatoire, avec une forêt pleine de verts et un jardin créole montserranien (?).

 

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Divers inclassables

- Un fer à béton meurtrier à Little Bay : "Destination finale".

- Débarquement d'extra-terrestres en catamaran à Green Island : "Mars attaque".

- Le tour de G. Island pieds nus sur caillasse et épines pour nos trois djeunes.

- Ballade sous le cagnard : visite des boutiques de mode et des fonctionnaires en costard.

 

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- Repas à Little Bay : turquey, chicken and fish. My favorite dish !

 

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- Dégazage sauvage des soeurs Pavis, suite au wasabi du vendredi.

- "Ben Hur" ou "La guerre des chariots", ou "Comment semer bouteilles d'eau et boîtes de confit de canard sour le regard indifférent de 4 vilains petits connards (pas de gros mots svp).

- Menu spécial testé par Rémi : quiche aux lar-ves ou quiche aux asticots ?

- Paddle-zodiac party : testé par Rémi, Marie, Woody, Claudie et Swany !

 

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- "Black-out à Little Bay" ou "Le port de l'angoisse". Pourrons-nous repartir sans jus ni instruments ? Comment repasser au-dessus de 5 volts ?

- "Y'a du gaz dans l'eau". Malgré les mises en garde des filles, les gars font comme si de rien n'était. Nous eussions pu exploser. A leur décharge, l'odeur de l'oeuf ayant pourri sans rien dire dans le placard (et non celle du confit de canard, injustement accusé) masquait probablement l'odeur de gaz.

 

Et pour finir, un peu d'adrénaline

Retour des Saintes a priori tranquille, peu de vent. 

Pas moyen de passer cette foutue pointe de Capesterre, le vent est contraire et le moteur de droite, le seul qui fonctionne, ne fait que nous pousser vers la côte.

J'insiste lourdement pour qu'on vire, la caille n'est pas loin, le jour baisse, un voilier nous talonne et le temps est menaçant.

 

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Je prends la barré, "Paré à virer ?... On envoie". C'est parti, je dois éviter le voilier et les casiers de pêcheurs. Une luminosité jaune étonnante ne me dit rien qui vaille. Et le grain nous tombe dessus, prise de riz.... et une touche à la traîne. Surexcitation générale dans le grain, et je manque de chier dans mon froc (pardonnez-moi) de frayeurs mêlées.

 

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Tout s'arrange, le poisson est mis au frais, un riz pris, un cap plus raisonnable aussi. Nous n'aurons plus qu' à virer une fois, pour arriver assez tranquillement au port. Je suis quand même assez tendue à l'idée d'accrocher une bouée, et cette andouille de Rémi qui voulait se faire tirer derrière le bateau sur la planche de paddle. "Ahhh, un voilier là pas loin, je vois son feu de mât. Euh non en fait c'est juste un avion" . J'accepte de bon coeur les railleraies de mes petits camarades.

 

Et nous vla à la Marina, apontage quasi pro, excepté peut-être au moment ou François a fait plouf dans le bouillon (voir plus haut). Fous-rires rentrés, il est furax.

 

 

Le mot de la fin sera pour Mimiche et Thierry : "On nous avait promis une croisière tranquille".

10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 00:35

Peut-être vaut-il mieux que je batte le fer (qui  n'a rien demandé) tant qu'il est chaud. Bien qu'il ne risque guère de refroidir par les temps estivaux qui courent. 

 

Il s'est donc encore passé des choses ces jours-ci.

 

 

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Programmée depuis quelques semaines, une sortie associative (le bon prétexte pour aller se ballader à la recherche de chimères) à Terre-de-Bas, la moins peuplée des deux plus grandes îles des Saintes. Les minuscules et désertes îles étant par ordre alphabétique : les Augustins, Cabri (un habitant quand même), la Coche, Grand ilet, le Pâté, la Rotonde, ... en oublié-je ?

 

Alsophis

 

Au soit-disant programme naturaliste : les couleuvres du genre Alsophis (also spracht Zarathustra ?), les Pélicans nicheurs, les perdrix-croissant, la forêt de Bois d'Inde. 

 

 

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Tout. J'ai vu vu tout ça. En prime : une étape du tour de la Guadeloupe à la voile traditionnelle, un gîte scandaleux nommé "Rêve de Robinson", un vieil illuminé dans la forêt (le cousin de Panoramix ?) qui faisait du charbon de bois et avait les chocottes à cause des esprits.

 

 

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Mais cette forêt avait de quoi frapper l'imaginaire. Une mare hébergeant des libellules roses, des tortues, des poissons introduits des genres Tilapia et Guppy, des fougères dorées.

 

De vieux tas de pierres témoignant d'anciens murets. Que délimitaient-ils ? 

 

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Pour survivre dans ce milieu hostile, nous avons mangé des mangues, dégommées à coup de pierres, et je vous le donne en mille : de l'étoupe du fruit du courbaril (koubari dans le texte). Le koubari est un arbre, dont le bois est si dur que les termites et les scies s'y cassent les dents (si si ?). Son fruit ressemble à un gros haricot épais, large et brun. Très dur aussi, on peut le fracasser à l'aide d'une pierre. De la famille des Légumineuses, il est plein de protéines. Si on arrive à surmonter le dégoût provoqué par l'odeur forte et désagréable de l'intérieur du fruit, et que l'on consent à absorber un genre d'étoupe cotonneuse, on découvre avec surprise un goût situé entre celui du tamarin et de la banane séchée. Il faut évidemment boire de l'eau rapidement pour éviter une mort rapide par étouffement. Ce qui a pour corollaire de faire gonfler le mets dans l'estomac. Ah mais c'est peut-être pour ça que je me suis chopé une petite courante en fin de séjour.

 

Je m'égare dans des considérations anatomo-pathologiques déplacées, pardonnez-moi.

 

 

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Je saute du coq à l'âne. Cette île est bizarre, les gens sont de toutes les couleurs et les arbres ont une forme de bateau (vous devez me croire sur parole, cette photo-là est encore dans l'appareil).

 

Vous allez rire, j'ai failli renoncer à cette sortie à cause du retard accumulé ici et là. J'aidonc évité de justesse de faire une bêtise, une fois n'est pas coutume !

29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 23:53

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Le bateau à voile, c'est un peu la machine à oublier. A peine l'orteil posé dans le carré, l'essentiel s'impose.

Ne pas perdre le nord. Si possible améliorer l'ordinaire en pêchant. Trouver un abri sûr pour la nuit. Festoyer chaque soir.

On se retrouve, petits animaux fragiles dans une nature liquide et aérienne.

 

Mon expérience en voile remonte à une vingtaine d'années, mais elle reste toute petite. Pas de marées ni de courants à calculer. Pas de froid qui s'ajoute aux autres difficultés. Navigation le plus souvent à vue, même si tout est bien calculé avant d'appareiller. Rarement des mers méchantes, même si la houle croisée dans les canaux a raison de bien des estomacs. Quand même souvent des grains un peu brutaux. Et des effets Venthurie pas piqués des hanetons quand on passe à proximité des reliefs.

 

Dernière expérience en date : 5 x 41 x 10 (jours x longueur en pieds du bateau x passagers)

 

Temps forts :

 

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L'unique poisson ferré à la traîne mais perdu. Je dirais une petite dorade cauriphène.

 

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Une séance de peinture à l'argile sur corps chez Ulric le potier. Encore plus impresionnant que les tatouages maoris non ? Version Anouk (our best singer).

 

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Version Jade. Our best speaker.

 

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Version Kim. The most reasonable people on the boat.

 

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Version Swan. No comment.

 

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Les deux cachalots à la pointe nord de la Dominique pendant qu'on prenait le 2ème riz (désolée, pas de photo).

 

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Le mouillage urbain de Roseau (qui n'est autre que la capitale de la Dominique)...

 

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La petite maison verte dans la montagne (c'est une maison verte, accrochée à la colline...).

 

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Et la virée en ville avec les 4 mousquetaires.

 

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Un grand merci à la régie (Angèle aux commandes avant le départ)...

 

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... à François, skippeur de rien...

 

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... à Super-Coco, un goût de paradis...

 

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... à Jeff in blue, inlassable pauvre pêcheur...

 

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... à Nat à la barre, et ça repart...

 

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... et pis à moi.

 

24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 00:46

Ca n'aura peut-être pas échappé à certains, j'aime la Guyane.

Je voudrais que Cayenne ça ne soit pas fini. Tentative d'évasion (chantait Higelin). Tentative réussie, bien que ça ne soit pas le bagne pour moi.

Seulement quelques jours, mais une moisson d'instants uniques.

 

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Depuis le littoral de Kourou, les Iles du Salut sont proches.

 

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C'est la saison des pluies, on est loin du bleu fastidieux. Une période d'envasement commence, les palétuviers commencent à pousser. D'ici un an peut-être, la mangrove aura remplacé la plage. Au fond à droite à l'embouchure d'un ruisseau, un couple de martins-pêcheurs crillaillait.

 

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Un soleil cuisant est revenu. Le ciel se reflète dans la marée descendante. 

 

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Le quartier Monnerville.

 

J'avais appris dans un bouquin de Daniel Picouly que Gaston Monnerville était  président du sénat en mai 68 quand De Gaulle a un peu pété les plombs et s'est évaporé quelques jours dans la nature pour reprendre ses esprits. Et que dit la consitution en cas de vacance du président de la république ? Que c'est le président du sénat qui prend l'intérim. Monnervile - président ! (un noir, vous vous rendez compte ?). En tous cas, dans le quartier Monnerville, il y a des Chinois où on trouve au moins 40 sortes de vins, un marchand de souvenirs qui vend de beaux hamacs et qui fait crédit, et un bistrot où on sert un très bon café crème. 

 

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La barre à l'Est, toutes : direction Régina, un des derniers bourgs avant le Brésil. Une route déserte, une forêt très valonnée, un abattis et ses troncs noircis, une buse blanche au détour d'une grosse mare, un petit serpent-liane écrasé, un toucan tout plein de couleurs abrité dans une termitière désaffectée. Nous trouvons l'entrée du sentier qui mène au seul inselberg facilement accessible de Guayne. Après moins de deux heures de marche et une bon raidillon, la montagne improbable. Elle permet de surplomber un peu la forêt. Au fond, le Brésil. Pas un chat, seulement des orchidées, des arbustes à fleurs rouges, et un gros dendrobate à la descente.

La forêt offre une petite salle de bains pour se rafraîchir, avec une eau claire, courante et potable, une branche permettant de déposer un vêtement, une roche pour remettre ses chaussures, et des plantes vertes comme mises là pour faire joli.

 

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Après le beau temps, la pluie. Qui empêche de sortir l'aquarelle. Merci au bon vieux crayon à papier. La crique Macouria nous mène jusqu'à son embouchure. On ne s'aventure guère plus loin, c'est l'océan. Temps forts : les ibis rouges, spatules roéses et 3 buses buson.

 

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Jour du départ, je rejoins la petite route de Dégrad Saramaca (j'adore ce nom). Je n'ai jamais atteint le but de la promenade, les entrelacs de racines m'ont ensorcelée...

 

27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 23:53

On a les exotismes qu'on peut. Pour moi, c'est le train de banlieue. La Transilienne messieurs et dames vous transporte. Non pas dans des sommets d'extase, mais de la banlieue jusqu'à Paris. Et retour, ce qui peut faire jusqu'à 3 heures par jour face à des êtres à tout jamais inconnus.

 

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Une jeune femme lisant. Qui connait ses pensées secrètes ?

 

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 De faux air de Carmen Cru.

 

 

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Autre jeune femme d'un autre genre. Le point commun (rare) entre ces trois femmes ? Je ramasse les copies demain matin*.

 

 

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Ce train m'emmenait à l'école vétérinaire de Maisons-Alfort. Endroit amusant, entre vieux amphithéâtres décatis, parc arboré, et animaux en soins déambulant dans les allées. J'ai ainsi croisé un pitbull géant blanc, un cheval noir, et d'autres animaux avec des atelles, accompagnés par de gentilles infirmières en blouses bleues (et même pas toutes nues en dessous).

 

Je vous le dis, l'aventure est au coin du RER.

 

* Non aliénées par leurs téléphones cellulaires.

 

 

25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 22:28

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Voilà ce que c'est que de s'absenter deux semaines de chez soi. D'abandonner veaux vaches cochons couvées et enfants à leur triste sort. (et à leur père). D'aller se pavaner au château et au restaurant en bonne compagnie. Comme on dit dans mon milieu professionnel, j'étais en mission. M'en suis-je acquitée ? Je le saurai peut-être lors du jugement dernier, face à un Saint-Pierre qui doit être bien fatigué depuis le temps.qu'il fait passer des auditions pour le grand casting.

 

Après une semaine à ce régime versaillais, direction le sud-est. Je connaissais pourtant un peu Montpellier, mais je n'en gardais pas un souvenir impérissable. Trop sec. Trop de monde. Telle la petite provinciale empruntée, je sors de la gare et mets un moment à m'orienter pour trouver l'hôtel d'Angleterre. Un bon point, la chambre est sous les toits, mignonne et avec une jolie vue.

 

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Je déambule dans la fraîcheur du soir et dans les ruelles. Je trouve un restau qui me plait, et dîne seule à une table immense. Je dessine les amoureux qui sont à l'autre bout de la table. Comme ils sont amoureux, ils ne s'en rendent pas compte. Le reste de la semaine est partagé entre des rendez-vous de boulot qui me stressent un peu sans raison, et un colloque sur la question compliquée de "comment gérer au mieux et dans un monde meilleur un maximum des gènes que mère nature nous a donnés ?". Une réponse parmi 100 autres : "manger moins de viande". Just do it.

 

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Ce qui est cool quand on est "en mission", c'est que quand on a fini de bosser, on n'est pas obligé de rentrer chez soi, et on peut traîner avec les collègues.et amis dans la lumière mordorée. Monter en haut de l'Arc de Triomphe en s'immiscant dans un groupe de visiteurs. Shooter des passants aux allures exotiques.

 

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"... bancs publics, bancs publics, ont des ptites gueules bien symapthiques..."

 

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Sandales dorées de Louis le quatorzième, dont la statue fut érigée (une première), extra muros parce qu'il n'y avait pas de place à l'intérieur de la ville. Gros scandale je ne vous dis que ça.

 

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Est-ce que j'adhère au lampadaire ? 

 

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Pendant ces deux semaines, pas question de bloguer, la vie c'est mieux. Mais alors dans ce cas, le blog rank, il se casse la gueule !