2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 20:55

Le penseur de Rodin qui pense a préparer le dîner ?


Steven Spielberg en train d'imaginer un nouveau scénario ?


Le changement climatique à Petit-Bourg ?

Absolument tout faux. Une journée de travail pas comme les autres en février. J'avais rendez-vous avec Justine Cheval (et non Adèle Blanc-Sec) au Museum d'Histoire Naturelle de Paris.

Pour en arriver là, je dois émerger d'un profond sommeil décalé. Du fond de mon lit de jeune fille, j'entends que c'est mouillé dehors, quelle barbe. J'ouvre les volets, il a neigé, la place est toute blanche sous les lampadaires qui diffusent leur blafarde lueur orangée.


Hoche, né à Versailles...

Décor digne d'une BD de Tardi, je longe les bâtiments de la galerie de paléontologie, où squelettes de dinosaures surveillent les passants indifférents, et malgré tout engoncés dans leurs pardessus. C'est que, passez-moi l'expression, on se pèle le jonc.



J'ai fini par réussir à entrer dans le bâtiment de géologie malgré un digicode récalcitrant, et fait la connaissance de Mademoiselle Cheval. Je l'imaginais en vieille fille à jupe grise et poils au menton. En fait, une jeunette avenante, avec qui nous nous sommes tout raconté sur la façon d'interconnecter tout partout dans le monde nos données botaniques, entomologiques, voire plus si affinités.

J'ai atterri à la Grande Mosquée devant un thé à la menthe bien chaud et quelques confiseries gluantes. La prochaine fois, je tente le hammam.
4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 17:55
Ce jour-là à Paris, c'était ti fifine glacée. Le blouson de cuir joli mais idiot ne suffisait pas à endiguer stupeur et surtout tremblements. Fils et mari, les poches garnies de tout Eiffel négociées par Swan, ont regagné de plus douces pénates.

La Miche et moi, n'écoutant que notre ardeur à découvrir le monde, avons préféré traîner nos savates jusque vers l'Hôtel Salé (mais qu'est-ce donc ?), autrement nommé Musée Picasso.



Jeu de mirroirs dans la cour d'entrée.

Antoine nous avait rejointes. Rien à voir avec l'affluence du Grand-Palais, nous pumes nous en mettre tranquillement plein les mirettes. Petits extraits volés à la barbe des gardiens.



Zoom sur un animal métallique.



Oui, c'est bien ça.



Madame squatte les carnets de notes.



Enclin au clin d'oeil.



Coupure de journal.



Avant, après.

Nous sommes en 2009 et vous n'allez pas assez au Musée... Tchao bonsoir.
2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 23:04

Seulement trois mois de retard pour évoquer une courte escapade à Terre-de-Bas des Saintes. Si si, ça existe, c'est en France. Là encore, nos ambitions étaient d'aller en Dominique, tout collait, sauf le voyage de retour, pas de place dans le bateau.
Alors un coup de voiture jusqu'à Trois-Rivières, on loupe juste le premier bateau, puis nous voguons sur un frêle esquif jusqu'au cul du monde.
J'évite la narration chronologique, souvent lassante pour le lecteur. Je ne retiens que les temps forts de ces quelques jours.

 

Une randonnée en solitaire sur une trace qui longe d'abord les falaises. Je tombe sur une scène naturaliste que je ne m'explique pas. Clairière dans une forêt sèche, je tombe en arrêt sur une kyrielle de papillons de jour, genre citrons, mais plutôt blancs, agglutinés sur des plantes herbacées. Dès mon arrivée, ils s'égaient, puis reviennent petit à petit. J'arrive à m'approcher, et à les croquer.



Il ne manquait plus que la fée Clochette débarque. Ce qui m'a étonnée, c'est que ces papillons ne butinaient ni ne s'accouplaient. En RTT peut-être ?

 

Un peu plus loin, une vue imprenable sur Terre-de-Haut, l'Ilet Cabri et le Pain de Sucre.

 

 

Le lendemain, nous avons fait la trace en famille, en fin de journée. Rencontre avec trois couleuvres allant du jaune au noir. Passage en forêt sèche, en lit de ravine pierreux, en savane à flanc de colline au couchant, puis en forêt de Bois d'Inde.

Retour au gîte, où ils proposent en plus de chambres quasi classiques, une cabane pour deux et un tipi en bois, voir ci-dessous.



A essayer...
24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 15:38
J'ai tardé à vous rapporter quelques mots sur l'escapade de mon aîné dans les Alpes cet été. La Grave, ça vous dit quelque chose ? Un petit coup de Google earth ou autre Mappy, et vous vous retrouvez au pied de la Meige. Ce cher petit s'était fait inviter à passer deux semaines dans le chalet de la famille Pugliesi-Conti.



Les affreux chanceux ont fait une course en montagne, sur la Meige orientale. Le gaillard se paie un coup de génépi au refuge de l'Aigle.





Le lendemain, ils vont jusqu'au sommet. Pas de commentaire qui vaille la peine.
7 août 2008 4 07 /08 /août /2008 22:15
Pas plus tard que y'a pas longtemps, j'ai comencé à prendre garde à l'outrage du temps.
Non pas sur mon mon doux visage (en toute sincérité, les rides ne me gênent pas), mais dans mes cartons à dessin. Le climat étant ce qu'il est, les dessins finissent par s'abîmer, et les beaux souvenirs s'estompent.

Alors voici quelques images d'un tour à Cuba en 2001. Officiellement, il s'agissait de participer à un congrès scientifique (tout ce que je déteste). Ca se passait dans un lieu horrible, sur la côte à Varadero : un gros resort à l'américaine, une mer bête, des plages plates. Mais pas folles les mouches (j'étais avec mon amie Nat), nous habitions dans un hôtel plus modeste du bourg, et avons aussi passé quelques jours à la Habana.


Ces messieurs jouaient aux dominos. Bien sûr, ils m'ont repérée, et m'ont invitée à boire un coup de rhum (arf !) quand j'ai eu fini. Je devais leur envoyer une photo, ce que je n'ai jamais fait.



Ah oui, ça me revient, le 'Café de Paris' dans la grand-rue à la Havane. Jeff et Kim étaient là aussi, et nous avions bu un inévitable mojito.


Ca c'était un autre bar, avec des filles un peu girondes.



Et là, ballade en ville à la limite du quartier chinois. Rarement vu une ville comma ça, une merveille en train de se ratatiner.

Hasta pronto !
20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 17:34

J'en étais restée aux antiquités égyptiennes. Le surlendemain, rebelote, cette fois-ci Beaubourg. Un froid de canard, le pique-nique dans le sac, qui est passé au contrôle d'entrée malgré le septicisme de Tonton François...

L'art moderne a cette vertu d'épater les enfants, et de leur laisser entrevoir que la déviance est possible ('Ah bon, c'est de l'art ça ?).

L'objectif avoué était Fernand Léger, mais nous avons musardé, nous sommes perdus dans les recoins, nous avons admiré la patience des gardiens. Regardez comme ils sont beaux.


Gardienne de pierres et corde


Gardien noir veillant sur des blondes en blanc


Gardien blanc en noir sur fond blanc

Au-delà de ces oeuvres de chair, de chères oeuvres de ci de là.


Passants dépassés.


En droit d'être envers (et contre tout) du décor.


C't'oeuvre c'est nous qu'on l'a faite nous-mêmes.


Euh...


Circulez, c'est par là.


La foule de toile et la diva de chair.


Furtif reflet.


Ah ça y est, on a trouvé Fernand Léger, c'est pas trop tôt.

La suite des chroniques de mars avant le mois de juin. Ca devrait causer neige ou sépulture, je ne sais pas encore.

22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 19:01


Je me demande comment j'arrive à avoir encore quelques lecteurs, après ces semaines de silence. J'ai des tas de choses sans importance à vous raconter, mais ces temps-ci, la vie réelle prend le pas sur le virtuel, ce qui n'est pas plus mal me direz-vous. Peut-être vais-je mettre en place un système d'alerte mail à mes parents, amis et alliés, lorsque par miracle je pondrai un post (si vous êtres très nombreux à me le demander bien sûr).

Alors par quoi je commence ?

La culture.

Requête du zébulon sauteur (vous l'avez reconnu) : 'Maman je voudrais aller au Louvre pour voir les antiquité grecques, et au Centre Georges Pompidou pour voir les oeuvres de Fernand Léger, c'est dans mon livre d'école'. Ah, bon. Mais oui, les vacances de Pâques sont synonymes pour nous d'un abandon de la Caraïbe et d'une invasion dans les Alpes, puis en région parisienne, c'est ainsi.
Eh bien, courage, nous faisons la queue au Louvre. Extraits.








Allez, la suite demain, ça m'a creusé l'appétit.
4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 21:57
Vaut mieux en finir quand ça traîne,
y'a d'la gangrène dans mes souvenirs...

Dernière partie, la demi-journée grapillée à me ballader.
Partie à pied de l'hôtel, fermement décidée à trouver la mer (qui n'est pas loin, je la vois de ma chambre).
Bêtement, je suis le panneau "Plages", et je marche, je marche, la route est large. C'est l'heure de la sortie des collèges (13 heures), ils sont à pied, en vélo. Une heure plus tard, mes mollets fatiguent un peu et je hèle deux cyclistes qui m'indiquent que non par là, la mer est loin. Si je veux bien marcher encore une petite heure dans l'autre sens, je devrais y arriver. Bon, je repars.

Chance, une camionette s'arrête, c'est le gars de la chambre d'agriculture qui me cherchait, du coup il me dépose près du littoral en me disant que de toutes faàçon il ya de la mangrove partout et qu'on ne peut pas accéder à la mer. En effet, il y a des cycles d'environ 10 ans ou le sable va et vient, charié par les fleuves d'Amazonie. En ce moment, pas de plage à Cayenne donc.

Mais je persévère, et trouve un sentier aménagé par le Conservatoire du littoral, qui passe en forêt et longe la mer. Quand même ! 

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Alors là, des serpents, des jaguars, des caïmans (dans mes rêves)

Eh eh, je finis pas arriver au bord de l'eau, regardez comme c'est beau.

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Végétal...

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Animal...

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Minéral...

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Minimal...

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Numéral ? 

Ah non là je suis revenue à Cayenne pour le tiercé.

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Ouais, j'ai gagné dans le désordre...
2 février 2008 6 02 /02 /février /2008 16:08

La Guyane c'est très grand, mais les surfaces dédiées aux cultures sont assez restreintes, avec des conditions détestables : le climat favorise les maladies des plantes, et les sols sont très peu fertiles. Pas drôle. Alors bonjour le prix des fruits et légumes au marché.

Mais parlons des systèmes de culture.

La monoculture intensive de riz, sur quelques milliers d'hectares, ne concerne que quelques producteurs, et est dédiée à l'exportation. Ca se passe dans l'Est, du côté de Mana (là ou les tortues-luth viennent pondre).

Les systèmes maraîchers et vivriers intensifs, pratiqués par les Hmongs à Cacao/Régina (à l'intérieur dans l'Est) et à Ja-vouey (dans l'Ouest). Les Hmongs sont des réfugiés du Laos, à qui des terres ont été données dans les annés 70. Ils ont su travailler dur et produire de façon assez intensive, c'est-à-dire en utilisant beaucoup de pesticides et d'engrais. Gros problèmes donc de santé et d'environnement. Mais ces familles ont des revenus relativement importants en vendant leurs produits sur les marchés de Cayenne et de Saint-Laurent du Maroni.

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Cultivateurs Hmongs à Javouey

Les systèmes de culture sur abattis. 
De quoi diable s'agit-il ? 
Depuis 4 siècles, une tradition perdure dans les zones de lisières forestières, aussi appelées fronts pionniers. Il s’agit de couper la forêt sur une surface de l’ordre d’un hectare, de laisser sécher jusqu’en fin de saison sèche (décembre), puis de mettre le feu. Est ensuite pratiquée la culture dite sur brûlis : manioc principalement, mais aussi du maïs, des patates douces, un peu d’ignames, de bananiers, d’ananas… Traditionnellement, ces agriculteurs construisent un habitat sommaire sur la zone défrichée, qu’ils exploitent pendant environ 3 ans avant d’aller défricher plus loin, le sol ayant perdu sa fertilité. Les arbres coupés ne sont quasiment pas exploités, du fait de la difficulté de trier les essences et organiser leur transport. En gérant les rotations, en revenant sur les mêmes parcelles 10 ou 15 ans plus tard, il est possible d'avoir un système durable. Mais les conditions de travail sont très pénibles : imaginez-vous couper la forêt avec une simple tronçonneuse, y mettre le feu, déblayer, installer votre cabane sur place pour y vivre. Ces systèmes se rencontrent dans l'Ouest le long du fleuve Maroni, et sur le littoral. Les producteurs sont des Bushi Nengue (noirs descendants d'esclaves), des Amérindiens, des Haïtiens, et depuis 1986 des réfugiés du Surinam. Ce système très particulier concerne près de 70% des cultivateurs de Guyane.


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Abris de cultivateurs sur abattis

Et le manioc dans tout ça ? Le manioc est la plante traditionnellement la plus consommée en Guyane (et en Amazonie en général), sous une forme transformée, le kwac. Le kwac est une farine de manioc pré-cuite, qui se conserve facilement et longtemps, et qui est utilisée telle quelle pour accompagner tous les plats en sauce. La fabrication traditionnelle de kwac étant laborieuse et pénible (fumées, vapeurs d’acide cyanhydrique), une unité collective a été installée à Bellevue, un village Amérindien. La platine traditionnelle co-existe avec un mélangeur-cuiseur automatique. Le processus est assez élaboré : on épluche, broie, presse (et recueille "l’eau de manioc", utilisée comme insecticide contre la fourmi-manioc), tamise, puis enfin on cuit sur la platine. A Sinnamary, la famille Bureau prépare le kwac de façon traditionnelle.

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C'est mercredi, les petits enfants s’activent au pressage...

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le tonton tamise...


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et la grand-mère est à la platine.

Ce jour-là, la famille faisait un essai pour produire une innovation : un kwac au curry. 


Voilà, le tour d'horizon sur l'agriculture guyanaise est terminé (je vous ai épargné les sytèmes d'élevage). Ca fait une riche palette de pratiques et de populations non ?

1 février 2008 5 01 /02 /février /2008 19:28
Premier épisode d'une virée de 3 jours.

J'étais officiellement missionnée pour participer à une réunion sur les cultures tropicales et amazoniennes, destinée à aider les agriculteurs guyanais à  produire mieux pour gagner pas moins.
Me voilà donc à Cayenne, un genre de Pointe-à-Pitre en plus petit, plus calme et plus joli. A Cayenne, on dénombre quelques dizaines de bazars chinois, ce qui m'a permis d'acheter un pébroc, c'est le début de la saison des pluies. Je baguenaude en sortant de ma réunion au déclin du jour, et comme j'ai bu une petite bière à jeûn, je suis très inspirée pour prendre des photos, le spectacle est partout.


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Bientôt la Saint-Valentin ?

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Gratouillis


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Carnaval approche


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N'aie pas peur petit frère


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San Fransisco en plus pastel

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Tôle et bois

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Multi-services

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Pas vu les pyramides

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On va à la CAF et après à la Sécu


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Allez l'entracte (j'en ai des dizaines comme ça, vous allez vous lasser).


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Une dernière, pas pu m'en empêcher

Prochain post (c'est comme ça qu'on dit à ski paraît) : je vous cause de l'agriculture en Guyane, presque sans illustrations. Pour voir si vous êtes réveillés, je sollicite de nombreux commentaires : alors, qui cultive quoi en Guyane, et comment ?